Comme chaque année, le 8 mars est l’occasion de constater — et de regretter — les inégalités très nombreuses dont sont victimes les femmes, notamment sur le marché du travail. Hélas, les 8 mars se suivent et hélas se ressemblent beaucoup : en France, l’écart “inexpliqué” de rémunération entre les femmes et les hommes stagne désespérément autour des 10% depuis plus de 10 ans. Et si le problème était finalement mal posé ? Et si l’indignation légitime que suscite cette situation empêchait de construire calmement un diagnostic et d’envisager des solutions efficaces ? Au-delà des actions symboliques — Une de Libération , hashtags #8mars #JournéeDesDroitsDesFemmes #WomensDay #SimoneVeil  —  et des annonces velléitaires, il est urgent de définir une feuille de route et des indicateurs réalistes si l’on veut atteindre l’objectif fixé par le gouvernement d’Emmanuel Macron et sa ministre du travail Muriel Pénicaud — supprimer d’ici à 2022 toute inégalité salariale “inexpliquée”. Il faut d’abord bien identifier les causes, au risque de combattre en vain leurs effets.

Dans cette note, à partir d’enquêtes réalisées en entreprises mobilisant données, entretiens, revue de littérature, nous avons voulu montrer pourquoi il est dangereux de se focaliser sur les manifestations les plus visibles des inégalités (la trop faible proportion de femmes dirigeantes notamment), au détriment parfois des autres salariées et travailleuses, des “petits” plafonds de verre et autres “dirty floors”. Surtout, il faut impérativement prendre en compte les facteurs les plus structurants, qui trouvent leurs racines non seulement dans les entreprises, mais aussi dans les écoles, les familles, les couples. Cette appréciation globale est la clé pour que se noue un véritable pacte Etat-entreprises, où chacun joue le rôle qui est le sien, à la hauteur de ses responsabilités.
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