Pognon de dingue, trappes à bas salaire : le financement de la protection sociale est à bout de souffle. Le prélèvement à la source va sans nul doute accroître chez les travailleurs cette idée déjà bien présente chez les employeurs : payer un salarié en France, ça coûte très cher, surtout quand on aspire à gagner plus que le SMIC.

Imaginez que vous êtes un individu célibataire sans enfant (si on rajoute conjoint et enfants, les seuils augmentent mais la philosophie reste la même). Vous acceptez un emploi à temps plein rémunéré au SMIC, soit 1.204 euros net par mois. Votre objectif : parvenir à 1.800 euros d'ici quelques années.

1.204 euros net, voici donc votre salaire 2019. C'est un montant net de cotisations sociales, et aussi net d'impôts, car en France, pas d'impôt sur le revenu pour un célibataire qui déclare moins de 15.000 euros de revenus annuels. Mais à ces 1.204 euros s'ajoute la fameuse prime d'activité, à laquelle vous êtes éligible. Un petit tour sur le simulateur de la CAF donne son verdict : comptez sur 241 d'euros supplémentaires (dont 90 euros grâce aux « gilets jaunes »). Vous voilà avec 1.445 euros de revenus mensuels.

Combien cela coûte-t-il à votre employeur ? En raison des allégements de charges très importants au niveau du SMIC, les cotisations sociales totales (salariales et patronales) ne sont que de 471 euros. Vous coûtez donc 1.654 euros à votre employeur.
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